
Le 3 octobre, Marius Palfroy représentait AL-Escalade sur l’étape de Leipzig de la Coupe d’Europe jeunes de vitesse (U19), en Allemagne. Il y arrivait avec deux victoires sur les deux étapes de Coupe de France U19 de la saison dernière, à Valence et à Troyes. Un an après Laval, où il avait chuté en huitièmes, il s’est de nouveau qualifié pour la phase finale et y a signé son meilleur temps du week-end, 6,18 s, face au premier des qualifications. Il termine 15e. Il revient sur ce week-end, sa préparation au club et ses objectifs, à l’heure de passer chez les seniors.
« Plus excité que stressé »
Le jour de la compétition, Marius Palfroy pose les mains sur un mur que personne ne semble avoir touché avant lui. « Le grain était parfait, les prises toutes neuves », raconte-t-il. Le décor lui rappelle Troyes, l’une de ses étapes de Coupe de France réussies. Pour la première fois, il aborde une Coupe d’Europe pleinement préparé, et l’impatience l’emporte sur l’appréhension.
« J’avais hâte. C’était l’occasion de faire des records. »
Sur ses deux runs d’essai, il réalise d’abord un run propre autour de 6,5 s, mais il sent qu’il peut aller plus vite. Au second, il se force à « s’engager », comme le répètent les coachs. Il accélère franchement, quitte à voir son pied glisser.
Qualifié sur le fil, puis face au premier des qualifs
En qualifications, son premier run se termine par une chute. Il ne lui reste qu’une tentative pour accéder à la phase finale. Marius se recentre, monte et arrête le chrono à 6,20 s. Il se classe 16e et décroche la dernière place qualificative, avec 3 centièmes d’avance sur le 17e.
En huitièmes, il affronte le Suisse Gilles Meili, premier des qualifications en 5,26 s et futur médaillé de bronze.
« N’ayant rien à perdre, je m’engage à fond. »
Selon Marius, les deux grimpeurs restent à hauteur sur les cinq premiers mouvements, puis son adversaire fait la différence dans la partie haute. Marius signe 6,18 s, son meilleur temps du week-end, et termine 15e sur 31 classés. « Un peu déçu du classement, mais heureux d’être passé en finales. »

La tête avant les jambes
Leipzig lui a surtout permis de mieux comprendre ce qui fait sa force. La saison dernière, en France, Marius a trouvé un état d’esprit qui lui réussit. Avant de grimper, il ne ressent pas de stress, plutôt de l’impatience. Et au moment de s’élancer, il n’a plus de place pour le doute. Il le dit avec ses mots :
« Si j’ai réussi à performer cette saison, c’est parce que j’arrive à la compétition dans un état d’esprit où je sais que je vais gagner. »
Cette certitude, Marius la construit en amont, à l’entraînement, run après run. Lorsqu’il arrive au pied du mur, la question du résultat ne se pose plus : il n’a plus qu’à grimper, sans retenue.
À Leipzig, face à des adversaires plus aguerris, ce repère était à reconstruire. « Ce n’était pas la même sensation sous le mur. » Il a pourtant abaissé son temps à chaque tour, et il en tire cette conclusion : « J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant de prétendre au niveau international. » Il sait désormais ce qui l’attend : retrouver, à l’échelle européenne, la sérénité qui lui a si bien réussi en France.
« Je me sentais voler »
Cette Coupe d’Europe, Marius l’avait préparée avec soin. À la rentrée, il s’est donné un mois pour retrouver son meilleur niveau, et il a accepté pour cela quelques sacrifices.
Il a d’abord repris un cycle de force, centré sur des tractions lestées avec des charges lourdes. Il y a ajouté un sommeil de qualité et une alimentation soignée. Les sensations sont vite revenues.
« Je me sentais voler sur le mur pendant toute ma préparation, ce qui m’a permis de regagner confiance en ma grimpe. »
« Une sensation de contrôle »
Étudiant en STAPS à Lyon, Marius bénéficie d’aménagements qui lui permettent de venir s’entraîner à Anse. Pour concilier les deux, il s’est construit une méthode. Il a dressé un tableau de ses objectifs de saison, avec ce qu’il s’efforce de faire et ce qu’il s’interdit. Il s’impose aussi une discipline plus stricte au quotidien.
Ce cadre, il ne le vit pas comme une contrainte. « Ça me donne une sensation de contrôle sur ma performance. » C’est le même fil que celui de Leipzig : maîtriser ce qui peut l’être pour arriver au pied du mur l’esprit libre.
Dans ce quotidien, il y a Adam, son partenaire d’entraînement, avec qui il partage parfois la route jusqu’à la salle. Marius le décrit comme son « sparring partner », et surtout comme « le meilleur partenaire de grimpe ».
Objectif équipe de France, horizon 2032
Cette saison marque un tournant : Marius passe en U21 et concourt désormais avec les seniors. Les minima pour l’équipe de France y sont nettement plus exigeants. Son premier objectif est d’y gagner sa place. Il vise ensuite un premier podium international.
Au-delà, l’horizon est connu, et il le formule simplement. « Sur le long terme, j’aimerais participer aux Jeux olympiques, que ce soit en 2032 ou après. »
En attendant, il n’oublie pas d’où il s’élance.
« Je suis très reconnaissant envers le club de permettre à ses licenciés de grimper dans des conditions aussi bonnes, et de me permettre de venir avec des aménagements. »
Son palmarès
- Coupe de France Jeunes 2025–2026 : vainqueur des deux étapes U19H, Valence (5,98 s) et Troyes (5,81 s, record personnel)
- Coupe d’Europe jeunes U19 : Laval 2025, 10e des qualifications (6,55 s), éliminé en huitièmes ; Leipzig 2026, 16e des qualifications (6,20 s), 15e au final (6,18 s)
- Classement national : 3e (2025−2026)
- Saison 2026–2027 : passage en U21, avec les seniors
- Objectifs : intégrer l’équipe de France senior, viser un podium international, puis les Jeux olympiques de 2032 ou après
Résultats complets de Leipzig : ifsc.results.info
